« (...) [ces] personnages de la scène médiatico-politique qui (...) miment la figure et le rôle de l'intellectuel (...) ils ne peuvent donner le change qu'au prix d'une présence constante dans le champ journalistique (...) et y importent des pratiques qui, en d’autres univers, auraient pour nom corruption, concussion, malversation, trafic d’influence, concurrence déloyale, collusion, entente illicite ou abus de confiance et dont le plus typique est ce qu’on appelle en français le "renvoi d’ascenseur" ». Pierre Bourdieu, « Et pourtant », Liber n°25, décembre 1995.

mardi 19 août 2014

" Pacte : " Le gouvernement va dans la bonne direction " , selon Gattaz "

Vu sur le site de France Info ce mardi 19 août 2014 :

Pour mémoire : Pierre Gattaz est le taulier du Medef et le gouvernement est " socialiste " .

lundi 18 août 2014

Chez les entrepreneurs le " Think drink " remplace l'apéro.

Olivier Veran est un député " socialiste " (donc, tout le monde l'a compris, de droite).
Olivier ne se mélange pas avec n'importe qui.
La preuve :

  Eh oui, les entrepreneurs continuent de penser quand ils prennent l'apéritif, ils " think drink " avec classe.

dimanche 17 août 2014

" Socialiste " au service des dominants ou socialiste en lutte pour l'émancipation des dominés ?

Vu sur le site de Ouest France le jeudi 14 août 2014 :


Texte de l'article signé Nathalie Jay :

" « Moi, député, une semaine dans les pas d'un PDG. » C'est le nom de l'opération lancée par l'association Entreprise et progrès, pour mieux faire connaître le monde du travail aux parlementaires.
L'idée : proposer une immersion de quatre à cinq jours à la direction d'une des 120 entreprises participantes. Hervé Pellois, député socialiste de Vannes, a répondu oui.
Début septembre, il passera une semaine au siège parisien de la Brink's, société spécialisée dans la sureté aéroportuaire, télésurveillance, la gestion de valeurs et notamment d'automates bancaires.
« J'ai fait le choix d'une entreprise très éloignée des univers que je connais déjà. La Brink's emploie 5 500 salariés en France », commente le député.
« J'ai eu plus l'habitude de rencontrer des chefs de PME. Cela m'apportera donc un éclairage nouveau. Et cela m'intéresse de voir quel regard porte un chef d'entreprise sur la politique gouvernementale. Des efforts sont faits pour relancer la croissance. On veut comprendre pourquoi le succès de cette politique n'est pas au rendez-vous », ajoute l'élu qui fait partie de la commission économique de l'Assemblée nationale. Cette commission compte 72 élus.
« J'ai été maire de Saint-Avé pendant vingt-cinq ans. Il y a des similitudes entre être responsable d'une collectivité locale et être chef d'entreprise. On doit aussi prendre des décisions, gérer des embauches, avoir des stratégies, et réaliser des investissements », souligne Hervé Pellois.
Opération de lobbying de la part des grands groupes ? « C'est la question qu'on me pose. Mais moi, je n'ai pas de crainte à ce niveau-là. On est là pour trouver une équité et le but est que les entreprises créent de l'emploi en France », conclut l'élu. "


A quand un article dont le texte serait le suivant :

« Moi, député, une semaine dans les pas d'un manutentionnaire intérimaire sur un chantier. » C'est le nom de l'opération lancée par l'association Lutte contre les dominations, pour mieux faire connaître le monde du travail aux parlementaires.
L'idée : proposer une immersion de quatre à cinq jours sur un chantier. Pierre-François Gatazoland, député socialiste de Seine Saint-Denis, a répondu oui.
Début septembre, il passera une semaine sur un chantier de BoVinFage, société spécialisée dans l'emploi de manutentionnaires intérimaires révocables à tout moment.
« J'ai fait le choix d'une entreprise très éloignée des univers que je connais déjà. BoVinFage fait marner des milliers d'intérimaires en France », commente le député.

(...) « J'ai eu plus l'habitude de rencontrer des chefs de PME. Cela m'apportera donc un éclairage nouveau. Et cela m'intéresse de voir quel regard porte un exploité sur la politique gouvernementale. Des efforts sont faits pour relancer la croissance. On veut comprendre pourquoi le succès de cette politique n'est pas au rendez-vous », ajoute l'élu qui fait partie de la commission économique de l'Assemblée nationale. Cette commission compte 72 élus.
« J'ai été un apparatchik pendant 30 ans. C'est faire de la propagande pour l'oligarchie que de dire qu'il y a des similitudes entre être responsable d'une collectivité locale et être chef d'entreprise. Une collectivité locale doit veiller au respect de l'intérêt général et ne pas chercher à faire du profit comme les chefs d'entreprises », souligne Pierre-François Gatazoland.
Opération de lobbying de la part des assistés et des bolchéviques ? « C'est la question qu'on me pose. Mais moi, je n'ai pas de crainte à ce niveau-là. On est là pour supprimer toutes les formes de misères et le but est que les gens vivent décemment en France », conclut l'élu
.

vendredi 15 août 2014

Le Louvre = Eurodisney.

Le " sociologue " Jean Viard était l'invité du 7/9 de France Inter pour faire la promotion de son dernier livre et " pour parler des temps de vie des français et de leurs implications politiques " .

Dans la séquence de 08:20 à 08:30 interrogé par l'animateur du 7/9 Bruno Duvic :

Jean Viard : La retraite à 60 ans correspondait à une espérance de vie de 60 à 70 ans. Nous on est au dessus de 80 et nos enfants vont dépasser 90.

Regardez le Louvre. Moi que le Louvre soit fermé le mardi et qu'Eurodisney soit ouvert, je dis pourquoi un endroit où on a mis autant de milliards d'argent public, d'oeuvres magnifiques, ça vaut une fortune le Louvre, pourquoi c'est fermé un jour par semaine ? Ca fait perdre un million de visites.

Dans la séquence de 08:37 à 08:55 interrogé par Bruno Duvic et des auditeurs :

Jean Viard : La bagarre qu'il a fallu avoir pour qu'on puisse acheter un tournevis le dimanche alors que la plupart des gens bricolent le dimanche.
Le Louvre c'est pas le dimanche. L'ouverture en saison touristique des grands musées un jour de plus. Le Louvre c'est 9 millions d'entrées. Vous ouvrez un jour de plus, vous créez peut-être un million d'entrées avec ces gens, ils vont manger, ils vont dormir, etc. Donc vous allez générer de l'activité.

Regardez Mac Do. Je ne veux pas faire de Mac Do mais ils ont une politique jeunesse tout à fait intéressante. J'avais même discuté avec eux un moment, je leur avait dit mais pourquoi vous avez pas des cités universitaires.

On dirait qu'on veut nous arracher les yeux quand on discute de la retraite à 60 ans.

On peut inventer la souplesse sociale.

La vie s'allonge, ben on travaille un peu plus, et c'est absolument normal.

Décider un assouplissement des CDI.

Bruno Duvic : Sur tvitter Elodie qui râle parce que vous avez fait à deux reprises la proposition d'ouvrir le Louvre 7 jour sur 7 : " si le Louvre ferme un jour par semaine c'est tout bêtement pour déplacer les oeuvres, mettre en place les expos. En clair il y a aussi du temps de logistique.

Jean Viard : Ecoutez, je suis pas spécialiste de la gestion du Louvre. Je pense qu'à Eurodisney il y a aussi des problèmes de logistique.

Je suis un des intellectuels en France qu'on écoute.

C'est la première fois que la gauche n'a pas de ministre du temps libre [il n'y a eu qu'un ministre du temps libre, de 1981 à 1983].

lundi 11 août 2014

" A Francfort, la fête continue au village financier "

Dans le documentaire " Master of the Universe " (2013) Marc Bauder nous donne à entendre les réflexions d'un ex-banquier francfortois qui en dit bien plus qu'il ne pense en dire sur le microcosme de la finance : " Il faut être naïf pour croire que le marché apprend de ses erreurs. Les banques apprennent-elles de leurs erreurs ? On oppose là un processus collectif à un processus individuel, mais la réponse est non. Les marchés n'apprennent rien, les investisseurs non plus. Ils replongent dans le même abime où ils ont sauté ou ont été poussés il y a deux ans, ils replongent avec délectation. On peut citer de nombreux exemples en remontant jusqu'au années 30, non, j' y crois pas. Vous m'avez demandé si le choc était assez fort, bien sûr qu'il était fort, [il fait le geste de celui qui s'en lave les mains pour faire comprendre le point de vue des dominants] mais la vie continue. "

Le 10 août 2014 Les Echos mettent en ligne un article de Jean-Philippe Lacour consacré au ghetto doré des financiers francortois et intitulé " A Francfort, la fête continue au village financier "

Extraits :

" (...) La ville où vécut Goethe est minuscule à côté de Paris, Londres ou New York. Pour les quelque 72.000 personnes travaillant au quotidien dans la finance, les lieux de rencontre se concentrent dans un rayon de quelques kilomètres. La majorité des restaurants et clubs où les banquiers aiment s’attarder se situe sur la « Fressgass » piétonnière et ses rues adjacentes, au cœur de Francfort. On y croise des cohortes de costumes et quelques tailleurs, le plus souvent sombres.
Ernö Theuer, qui dirige une société de capital-investissement, porte certes en ce jour ensoleillé un costume bleu roi, chemise blanche col ouvert et Ray-Ban, mais, avec ses origines hongroises et une femme américaine, il est un produit typique dans cette métropole au flair international. Sa femme est membre du conseil d’administration de l’ Union International Club, un lieu réservé à l’élite du business de Francfort. On s’y retrouve dans la tranquillité de la villa Merton, au milieu d’un quartier chic occupé par les consulats. Ernö raconte aussi que beaucoup de banquiers parmi les plus aisés se retirent le soir dans leurs villas des villages alentour, Königstein et Kronberg, nichés sur le flanc des collines du Taunus.
De leur côté, les financiers plus « juniors » préfèrent festoyer en centre-ville, dans les restaurants et les clubs près de la place de l’Opéra. Au Katana, à l’ambiance asiatique, au Chinaski, où se côtoient les bobos et businessmen, ou encore au Gibson, une salle en sous-sol aux accents rock située sur la « Zeil », une des plus grandes artères piétonnières commerciales en Allemagne. On y va pour arroser une bonne journée ou la fin de la semaine. Mais « le temps des soirées débridées est passé », explique-t-on dans une banque de la place.
En journée, comme si une pointeuse sonnait dans ces établissements la pause à midi trente, les restaurants se remplissent soudainement. Les mêmes clients qui ont arrosé leur soirée la veille au Vodka Bar, peuvent aller déjeuner chez Mutter Ernst, une table locale qui sert la traditionnelle chair à saucisse (Leberkäs). Un repas vite avalé, sans apéro, vin et pousse-café. Autre lieu de tradition, le restaurant Operncafé, à côté de l’Opéra.
(...) Mais l’essentiel demeure : l’atmosphère de « village » dans la finance, comme on l’appelle ici, demeure. "


Un univers vide de vie, vide de sens, vide d'émotions, vide d'affects ... et qui pourtant s'érige en modèle indépassable.

dimanche 10 août 2014

Marcel Gauchet ou Marcel Gauchiste ?

Marcel Gauchet est la figure majeure de la pensée mondiale contemporaine.
Il est temps que nous nous prosternions devant ce savant dont l'oeuvre éclaire l'humanité pour des siècles et des siècles.

1/ Marcel Gauchet : " C'est dans le cadre du marché, de la liberté individuelle et de la propriété privée que devra se situer toute politique plausible. En ce sens, il est possible de soutenir en effet qu'il n'y a plus d'autre socialisme concevable que libéral. Il en va d'ailleurs de même du conservatisme. Ils sont condamnés à composer avec le fait libéral et à s'inscrire dans ses limites indépassables. "  
Le Débat, n°131, sept.-oct 2004, p. 91. Source : PLPL, n° 22, décembre 2004.

2/ Paul Lagneau-Ymonet : " Parmi les intellectuels consacrés par des années passées à côtoyer et débattre avec le personnel politique dirigeant, de gauche comme de droite, mais aussi avec certaines fractions patronales, la Fondation pour l’innovation politique a d’ores et déjà pu compter sur Marcel Gauchet et Monique Canto-Sperber. Le premier est directeur de recherche à l’École des hautes études en sciences sociales. Ses travaux portent sur la religion et la démocratie. Marcel Gauchet est aussi rédacteur en chef du Débat, autre foyer intellectuel qui a activement contribué, en France, à la révolution conservatrice et libérale des années 1980. Toujours aimé au PS, aujourd’hui convoité par l’UMP et adulé plus que jamais par Le Point, Marcel Gauchet dit de ses relations avec le personnel politique : « idéalement, j’écris pour que les hommes politiques s’approprient l’analyse que je fais et en tirent les conclusions qui leur paraissent s’imposer pragmatiquement et stratégiquement [10] ». Il semblerait que le simple fait que l’on veuille bien écouter ses propos pour se les approprier lui suffit pour faire un bout de chemin avec la FONDAPOL. Mais Marcel Gauchet n’est pas braqué. Un peu comme ces sociétés qui, prêtes à financer la Fondation, s’empressaient de contacter le PS pour lui proposer des dons similaires, l’intellectuel prévient : « si les socialistes font demain la même chose, j’y participerai tout aussi bien ». "
[10] Propos de M. Gauchet à P. -H. Tavoillot, « Marcel Gauchet l’inclassable », Le Point du 24 octobre 2003.
Source : Paul Lagneau-Ymonet, " Une Fondation de l'UMP pour promouvoir libéralisme et social-libéralisme " , Mouvements, n° 35, 2004.

3/ Marcel Gauchet est un des artisans de la révolution conservatrice de ces trente dernières années.
Dans Le JDD du 15 septembre 2013 il est interviewé sur ses rencontres avec les présidents de la République (Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande).
Ce que Marcel Gauchet dit de ces 4 présidents s'applique à merveille à ... Marcel Gauchet :
" (...) opportuniste (...)
à côté de la plaque (...)  
L'âge et la fatigue (...)
indifférent aux problèmes de fond (...)
Pour lui, visiblement, chercher à comprendre, c'était perdre son temps (...)
incapable de dialogue (...)  " . 

4/ Copinage au long cours : le " philosophe " pour traders Marcel Gauchet fait de la pub pour son ami Jacques Julliard.

_ Le 13 mai 2013 on peut voir ceci sur le site de France Culture :

Site de France Culture le 13/5/2013

_ Le 6 octobre 2012 Marcel Gauchet et Jacques Julliard étaient les invités d'Alain Finkielkraut dans Répliques (sur France Culture) pour parler du même livre de Jacques Julliard.
_ Jacques Julliard et Marcel Gauchet faisaient partie des signataires d'une pétition de soutien au sulfureux Jean-Claude Casanova publiée dans Le Monde du 20 décembre 2012.
_ On pouvait lire un entretien avec Jacques Julliard dans Le n° 172 du Débat (une revue dont le rédacteur en chef est Marcel Gauchet) de novembre-décembre 2012.
_ On pouvait lire un entretien de Marcel Gauchet avec Jacques Julliard dans Le n° 161 du Débat (une revue dont le rédacteur en chef est Marcel Gauchet) de septembre-octobre 2010.
_ Jacques Julliard et Marcel Gauchet " dialoguaient " dans Le Figaro du 5 novembre 2005.
_ Jacques Julliard et Marcel Gauchet étaient invités dans l'émission La suite dans les idées (sur France Culture) le 23 octobre 2002.