« (...) [ces] personnages de la scène médiatico-politique qui (...) miment la figure et le rôle de l'intellectuel (...) ils ne peuvent donner le change qu'au prix d'une présence constante dans le champ journalistique (...) et y importent des pratiques qui, en d’autres univers, auraient pour nom corruption, concussion, malversation, trafic d’influence, concurrence déloyale, collusion, entente illicite ou abus de confiance et dont le plus typique est ce qu’on appelle en français le "renvoi d’ascenseur" ». Pierre Bourdieu, « Et pourtant », Liber n°25, décembre 1995.

lundi 1 septembre 2014

Manuel Valls, Loïc Rocard, Vinci : les liaisons heureuses.

Vu sur le site du Figaro ce 1er septembre 2014 :


Vu sur le site de 20 minutes ce 1er septembre 2014 :


Comme par hasard, le conseiller énergie, transport, environnement, logement de Manuel Valls d'avril à août 2014 s'appelle Loïc Rocard.
Loïc Rocard est le fils de l'ancien premier ministre Michel Rocard dont Manuel Valls fut un des conseillers à Matignon.
Loïc Rocard est un ancien directeur d’exploitation chez Cofiroute (une filliale de Vinci) et un ancien directeur de projet lignes à grande vitesse de Vinci Concession

dimanche 31 août 2014

Arnaud Montebourg, faux rebelle, vrai matamore de droite.

Sa récente éviction du gouvernement est l'occasion pour Arnaud Montebourg de jouer au rebelle qu'il n'est pas.
Voici quelques rappels sur ce personnage de vaudeville " socialiste " .

Arnaud Montebourg s'entoure de millionnaires.

Le 15 septembre 2013 Le JDD publie une interview d'Arnaud Montebourg, un ministre " socialiste " , faux rebelle, vrai carriériste :

" (...) L’avion. Avec cette invention l’homme est redevenu un oiseau (...)
la cavalerie arrive une fois que tout le monde est déjà scalpé (...)
l’Etat est capital-risqueur (...)
la Marque France (...)
Ces plans ont été élaborés avec les industriels eux-mêmes. Les 34 chefs de projets sont issus des filières, ce sont des dirigeants d’entreprises. C’est ce qui fait la force et la nouveauté de notre démarche. Avec eux, la France est en train de se réinventer. (...)
J’ignore les opinions politiques d’un 
Carlos Ghosn (Renault Nissan) [2 728 356 € de rémunération en 2012]
Antoine Frérot (Veolia)[1 580 610 € de rémunération en 2012]
Thierry Breton (Atos)[2 831 924 €  de rémunération en 2012] ou 
Olivier Piou (Gemalto) [2 240 000 € de rémunération en 2012] 
et ne veux pas les connaitre. Nous avons pris les dirigeants qui voulaient nous prêter main forte. C’est une charge pour eux et nous devrions les remercier. Et puis nos choix ne se limitent pas au Cac 40. Nous avons fait appel à des patrons de filières, de PME, de start-up...(...) " .


Arnaud Montebourg dévoile son avidité.

Le 15 août 2013 le site du Point publie un " rapport " d'Arnaud Montebourg (ministre " socialiste " du redressement productif) destiné au président de la République.
Ce rapport expose la vision de la France en 2025 du ministre. On peut y lire ceci :


Arnaud Montebourg voulait sans doute parler de " smart grid " , expression qui signifie  " réseau de distribution d'électricité « intelligent » " et non pas comme il l'écrit de " smart greed " qui signifie " avidité intelligente " .

Nous sommes la droite ! (9)

Le 14 mars 2014 Le Monde met en ligne un article à la gloire du ministre " socialiste " du redressement productif Arnaud Montebourg.

Le titre est tout un poème : " Arnaud Montebourg, l’homme fort des patrons "

Extraits :

« Je suis là pour vous aider, claironne-t-il. Si vous avez besoin de moi, venez me voir à Bercy, je suis à votre disposition. » Bingo : en quelques phrases, le ministre retourne la salle. Plus tard, un chef d’entreprise lui demandera même d’être « notre nouveau Colbert »…

M. Montebourg multiplie aujourd’hui les attentions à l’égard des chefs d’entreprise.
Depuis quelques mois, les patrons se bousculent dans le bureau du bouillant ministre. Bien sûr, il y a beaucoup d’industriels, comme Benoît Potier (Air Liquide), Gérard Mestrallet (GDF Suez), Carlos Ghosn (Renault Nissan), Antoine Frérot (Veolia), Philippe Crouzet (Vallourec) ou Anne Lauvergeon, une habituée.

tous créditent le ministre d’avoir «
remis l’industrie au cœur des préoccupations de l’Etat, ce qui n’était plus le cas depuis vingt ans ».

Il s’entend très bien avec Vincent Bolloré, pourtant réputé proche de Nicolas Sarkozy, et reçoit régulièrement Henri Proglio (EDF), dont une partie du gouvernement réclame toujours le départ. De même, il a de bonnes relations avec Martin Bouygues, dont il soutient l’offre de reprise de SFR. «
Montebourg, lui au moins, il a des c… », aurait lâché le PDG à François Hollande, qui l’a reçu le 27 février à l’Elysée, au côté de François Pinault.

Même les patrons high-tech ont désormais leur rond de serviette au troisième étage de Bercy, là où se trouvent les bureaux du ministre. Ces derniers mois, Jacques-Antoine Granjon (Vente-privée.com), Bernard Charlès (Dassault Systèmes), Cédric Tournay (Dailymotion) ou Olivier Piou (Gemalto) ont été aperçus dans les couloirs. Xavier Niel, fondateur d’Iliad et actionnaire à titre individuel du Monde, vient également échanger avec lui. «
Ces deux-là, ils se reniflent et se tournent autour dans une sorte de fascination-répulsion », s’amuse un témoin.

les 34 plans industriels, annoncés en septembre 2013, qui doivent stimuler l’activité tricolore dans les domaines des biocarburants, des voitures sans chauffeur ou de la nanoélectronique, et dont le comité de pilotage devait être installé vendredi 14 mars. «
Cela a un vrai effet d’entraînement dans nos entreprises », constate, séduit, un patron du CAC 40.

M. Montebourg n’hésite plus à taper sur les syndicats. Début janvier, il a publiquement condamné la séquestration par la CGT de cadres de Goodyear à Amiens. «
J’ai été le seul à le faire », se rengorge-t-il.

«
Je soutiens les syndicats quand ils défendent leur outil de travail, pas quand ils font de la terre brûlée, précise au Monde le ministre. 

l’élu de Saône-et-Loire dit avoir des discussions franches avec Pierre Gattaz


Fin octobre 2013, le patron des patrons a même invité M. Montebourg à plancher devant ses troupes sur la compétitivité. « Il a été chaleureusement applaudi », se souvient un participant.

«
Il y a chez lui des gars qui savent lire un compte d’exploitation », assure le PDG d’une importante société de services. Plusieurs conseillers ont fait leurs armes dans le privé avant de rejoindre Bercy. Son conseiller spécial, Christophe Bejach, qui vient de le quitter, avait travaillé avec Jean-Charles Naouri, le patron de Casino, et fondé la compagnie aérienne L’Avion, revendue en 2008 à British Airways. Son remplaçant, Nicolas Milesi, recruté début février, a fait une partie de sa carrière chez Danone, avant de prendre la tête de Châteaud’eau, le numéro un français de la distribution de bonbonnes d’eau dans les entreprises.

De même, M. Montebourg n’hésite pas à court-circuiter son administration quand il l’estime nécessaire. Pour sauver l’usine d’aluminium de Rio Tinto Alcan à Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie), que le géant minier voulait fermer, il a fait appel à l’un de ses amis, Arié Flack, banquier d’affaires à la Compagnie financière du Lion, pour faire le tour des repreneurs et sécuriser le montage juridique.


A l’écouter, M. Montebourg n’aurait rien changé à son comportement ou son discours. « Je ne pense pas avoir changé, assure-t-il. Je n’ai d’ailleurs jamais eu un discours antipatrons. Je considère juste qu’il y a des chefs d’entreprise patriotes et d’autres qui ne le sont pas. » 


« Ma ligne, c’est la reconstruction de l’industrie. Mon discours, l’alliance des forces productives, assène-t-il.

Nous sommes la droite ! (13)

Le 22 mars 2014 Challenges met en ligne un article de Laurent Fargues et Alice Mérieux qui rapportent des propos très élogieux de patrons à propos des ministres " socialistes " Arnaud Montebourg et Fleur Pellerin.

Extraits :

" Il [Arnaud Montebourg] donne une vision, sa vision, pas toujours bonne, mais il donne un souffle " , déclarait encore, le 15 mars, Vincent Bolloré, principal actionnaire de Vivendi, en pleine affaire SFR.

" Il [Arnaud Montebourg] est devenu un très bon ministre de l’Industrie, il faudrait qu’il poursuive à ce poste " , s’exclame Thierry Le Hénaff, PDG d’Arkema. " S’il y a remaniement, j’espère qu’il ne changera pas de maroquin " , renchérit l’ex-patron de Sanofi, Jean-François Dehecq, qui voit Arnaud Montebourg à la tête d’un superministère avec l’énergie, l’agroalimentaire et les transports.

" Elle [Fleur Pellerin] m’impressionne " , glisse Henri de Castries, PDG d’Axa. " C’est une ministre très agile " , ajoute le gestionnaire du fonds d’investissement Next-Stage, Grégoire Sentilhes

Quand il se fait interviewer sur TF1 le samedi 1er décembre 2012 le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg se souvient-il de ce qu'il déclarait à Pierre Carles dans "Fin de concession" qui est un documentaire sorti en 2010?

La question se pose à la lecture de la transcription de ses propos diffusés en 2010 :
 "C'est le moment de taper sur TF1, je vais vous donner un coup de main. Il faut leur mettre la tête sous l'eau. (...) C'est la télévision de la droite (...) c'est la télévision des idées qui détruisent la France pour moi. La télévision de l'individualisme, la télévision du fric, la télévision du matraquage sur la sécurité (...)".

Depuis ce documentaire Arnaud Montebourg est devenu ministre et passe tout seul comme un grand sur TF1 :


 

Manuel Valls, un homme de la droite décomplexée.

Vu sur le site de Frane Info ce dimanche 31 août 2014, le premier ministre " socialiste " Manuel Valls a le courage de dire qu'il est de droite dans son discours de clôture de l'université-d'-été-du-parti- " socialiste " :


" Il faut la fermer et redresser la France, c'est-à-dire faire le job. " ...

... dit Bernard Cazeneuve, un ministre de Valls-Gattaz-Hollande, dans un article mis en ligne par Le JDD le 30 août 2014.
Les " socialistes " adorent le-débat-le-dialogue-social quand leurs contradicteurs sont d'accords avec eux, sinon ...

samedi 30 août 2014

Vérole : " maladie éruptive qui couvre la peau de pustules qui laissent des marques "

Vu sur le site de Marianne le 28 août 2014 :

Il est clair que Pascal Terrasse a des ressources textuelles et lexicales pour qualifier les membres du parti socialistes qui osent parfois tenir des propos de gauche.

La nausée.

Extraits de l' " Allocution de Manuel Valls à l'Université d’été du Medef " le 27/08/2014.

Mesdames, messieurs les chefs d’entreprises,

venir à la rencontre des chefs d’entreprise et des entrepreneurs.

mon premier déplacement en tant que Premier ministre, c’est dans une entreprise que je l’ai fait

cessons d’opposer systématiquement ! D’opposer Etat et entreprises ! D’opposer
chefs d’entreprise et salariés ; organisations patronales et syndicats ! Cherchons
plutôt à coopérer, à trouver des chemins qui servent l’intérêt général.

beaucoup d’élus connaissent bien la vie des entreprises
I. La France a besoin de ses entreprises
a. Ce sont elles qui créent de la richesse.
Je le dis et je l’assume : la France a besoin de vous ! La France a besoin de ses
entreprises, de toutes ses entreprises (entreprises individuelles, PME, Start-ups,
grands groupes). Car ce sont les entreprises qui, en innovant, en risquant les capitaux
de leurs actionnaires, en mobilisant leurs salariés, en répondant aux attentes de leurs
clients, créent de la valeur, génèrent des richesses qui doivent profiter à tous. Moi
j’aime l’entreprise. Une immense majorité de nos concitoyens y travaillent. Beaucoup
s’y épanouissent.

L’institution qui arrive en tête dans les sondages d’opinion, ce sont les PME, les PMI, et ce avant
même la police ou l’armée.

b. Ce sont elles qui créent de l’emploi.
Ce sont les entreprises qui créent des emplois. Combien d’entre vous se battent pour
préserver les emplois, motiver et rassurer, malgré une conjoncture morose. Je le dis
depuis des années dans ma famille politique : il n’y a pas d’emplois sans employeurs.
C’est pourquoi il est absurde de parler de « cadeau fait aux patrons ». Une mesure
favorable aux entreprises, c’est une mesure favorable au pays tout entier. Les
entreprises n’appartiennent pas aux seuls entrepreneurs ou à leurs actionnaires. Elles
appartiennent aussi aux cadres, aux ingénieurs, aux techniciens, aux ouvriers, bref, à
l’ensemble des salariés qui les font vivre.


J’y ai vu des femmes et des hommes fiers de leur outil de travail. Le Creusot, c’est une ville toute entière
construite autour de ses usines. Les entreprises bénéficient des infrastructures
construites par les collectivités ou l’Etat, de la main d’oeuvre locale formée dans nos
écoles, nos universités, de l’environnement économique structuré par les élus.

Oui, la France a besoin de ses entreprises. Elle doit savoir être à vos côtés, vous
soutenir, vous aider

au total, ce sont plus de 40 milliards d’euros de baisse en 4 ans sur les
prélèvements touchant les entreprises.

Des engagements importants sont pris : baisse du coût du travail, suppression de la
C3S, baisse de l’impôt sur les sociétés. Ces engagements seront mis en oeuvre. C’est
nécessaire car récemment les impôts ont trop augmenté.

Mais, il n’y a pas que les impôts et les cotisations sociales qui pèsent sur notre
économie. Certaines formalités excessives sont aussi coûteuses et pénalisantes. Les
entreprises comme les ménages en sont victimes.

Ces négociations poseront aussi la question des seuils.

notre détermination à réduire la dépense publique

Nous allons accroître la concurrence, alléger certaines règles, je pense à celles
relatives au travail du dimanche ou à l’urbanisme commercial.

Notre pays souffre à l’étranger d’un "déficit d’image" – pour reprendre un terme qui vous est familier. Même si nous
avons de nombreux atouts (nos infrastructures, nos services publics, notre système
de santé, …), notre droit du travail est perçu comme contraignant, nos prélèvements
comme trop lourds, et nos dépenses publiques comme trop élevés.

Il doit y avoir une réduction des déficits publics en Europe et tout particulièrement en France, je ne le discute pas. Nous vivons au-dessus de nos moyens depuis 40 ans.

Ce gouvernement agit pour les entreprises.

La France a besoin d’un patronat engagé
Mesdames, messieurs les chefs d’entreprise,
Je vous rencontre souvent

Les ministres doivent aussi
être le VRP de la France et de ses entreprises à l’étranger.

Vous l’avez dit vous-même,
Monsieur le Président. Je vous cite : la France, et donc ses entreprises, ses syndicats,
ses salariés, doivent "arrêter de se plaindre et d’attendre, se bouger, se prendre en main,
réagir".